Saint Julien – Saint-Julien-lès-Metz

Il y aura bientôt des photos

Le lieu de la ville de Saint Julien existe dès le IXè siècle (dès 848 le site est dénommé sur d’anciens documents « Sanctus Julianus »).

Primitivement Saint Julien dépendait de Metz en qualité de faubourg. Mais en 1034 l’évêque de Metz, Etienne de Bar, fît le don de la ville à l’abbaye de Saint-Vincent, grande église à Metz aujourd’hui malheureusement désacralisée. Mais il ne faut pas s’y méprendre car ce faubourg de Saint-Julien n’est pas exactement le territoire que l’on connaît aujourd’hui. En ce temps, il se déplaçait plus en avant, à l’emplacement du boulevard de Trèves jusqu’à la porte des Allemands et le bas de la colline actuelle de Bellecroix.

C’est en 1552 que le duc de guise fut obligé de faire déplacer les coteaux de Saint Julien pour laisser place à de nouvelles fortifications de la grande ville. Saint Julien arriva donc sur la route du mont du Désiremont ou sur la colline dite de la « Belle-Croix ».

De l’ancienne ville de Saint Julien il est assez difficile d’en préciser les contours. Cependant il est facile d’imaginer un village de vignerons avec son petit ruisseau, des moulins, le tout suivant la grande montée vers Vallières ou autrement nommée le « chemin de Sainte-Barbe », à l’emplacement de l’actuel cimetière.

Une église, une paroisse, une histoire

On peut supposer que dès le haut Moyen-âge, un lieu de culte avait été bâti dans le faubourg, puis lui aussi déplacé en raison des évolutions géographiques. On a la trace d’une église ancienne, datée de la fin du XVIIIè siècle, qui existait jusqu’en 1944.

Elle était de forme assez allongée, peu large et assez basse.

Chronologie de la destruction et construction de la nouvelle église

  • 27 mai 1944 : bombardement aérien, démolition en grande partie de l’église et du presbytère
  • 21 avril 1946 (Pâques) reprise des offices dans l’église aménagée
  • 1er janvier 1962 : nouveau presbytère.

Une grande question se pose désormais : faut-il reconstruire l’église à l’identique, la restaurer intégralement, ou envisager la construction d’une toute nouvelle église ? Le maire, le curé, les citoyens et les paroissiens optent pour la dernière solution. Le projet est évoqué en 1962 et lancé en 1966. On choisit, après un appel d’offre et un concours, les architectes LOTH et VOLTZ de Montigny-lès-Metz

  • 18 février 1962 : inauguration d’une chapelle provisoire dédiée à St Hubert pour servir aux offices durant la période de travaux.
  • 29 août 1965 : derniers offices dans l’ancienne église
  • 28 août 1966 : premiers offices dans la nouvelle église
  • 1er novembre 1966 : bénédiction de l’église et du cimetière
  • 29 août 1971 : consécration de la nouvelle église par Mgr Paul-Joseph SCHMITT

Comparée à l’ancienne église, datée de 1735, l’actuelle est résolument dépouillée et simple selon la volonté des architectes.

Ils ont très vite exprimé la volonté d’utiliser une décoration épurée et qui renvoie à la simplicité de l’origine des choses : le bois, le béton, la lumière diffusée dans les tons rouge et bleu. Rien de plus.

Inauguration, consécration et jours de joie

Le dimanche 29 août 1966 – le dimanche le plus proche de la fête de Saint-Julien au calendrier – l’abbé Marcel MARX procéda à la première bénédiction de l’église afin d’y célébrer les premiers offices. Déjà le village tout entier avait revêtu ses atours de fêtes. Le lieu était toutefois encore dépourvu de ses ornements : les murs étaient restés bruts, de simples bancs de récupération accueillaient les fidèles, l’autel était provisoire et les décors n’avaient pas trouvé encore de place dans le nouveau sanctuaire. Mais la grande solennité arriva, pas moins de cinq années plus tard.

A nouveau pour la fête de Saint-Julien, le 29 août 1971, à 10 heures du matin, l’évêque de Metz, Monseigneur Paul-Joseph SCHMITT, consacra donc cette nouvelle église, enfin prête, peinte et ornée. Des centaines de personnes se pressent dans les rues et autour de l’édifice. On remarque encore les traces de cette consécration avec les 12 marques à l’intérieur repérables par les petites croix de bois apposées sur les piliers de l’église et sur le mur du fond du chœur. L’évêque procéda aussi à la dédicace de l’autel dans lequel il inséra des reliques de Saint-Julien de Brioude.

Une surface vitrée impressionnante

L’église est pourvue d’une grande surface de vitraux très modernes et non figuratifs. Tout un jeu de lumières et de scintillements côtoie la rigidité des murs de béton.

Ces vitraux proviennent d’une demande de l’abbé Marcel MARX, curé constructeur. Sur appel d’offre, on choisit alors des vitraux de Camille HILAIRE (de Neuilly-sur-Seine) en 1968 et réalisés par les ateliers BENOIT de Nancy. Leur facture est alors dans l’air du temps, en dalles de verre et ciment armé. Dans l’édifice, 122m2 de lumières surprennent les fidèles pourtant si habitués, et tout pèlerin ou visiteur qui prend le temps de s’aventurer ou de se poser dans l’édifice si harmonieux.

Un ensemble décoratif et liturgique

L’Autel :

L’ancien autel de l’église a été replacé sous le clocher.

L’autel de célébration actuel est de la main du marbrier Jérôme PIODI, en marbre noir-vert dit « Avançon » et datant de 1967.

Le même marbrier restaura le baptistère fortement endommagé.

Le grand lustre, en forme de grande couronne, est en aluminium profilé. Commandé par l’abbé Bernard MICK, curé, il date de 2001, réalisé par l’entreprise RIANI de Briey (54).

L’autel latéral et le tabernacle :

Ils sont tous les deux aussi du marbrier Jérôme PIODI. L’autel est de marbre vert, le même que le grand autel de célébration, et le reposoir du tabernacle est en marbre blanc et vert dit « serpantine ». L’ensemble date de 1974.

Le baptistère :

Une grande fresque de verre nous accueille, dans la profondeur d’un motif évoquant un soleil levant, le matin de Pâques.

La cuve baptismale en pierre blanche est très ancienne et provient de la vieille église. Elle est à l’entrée de l’église à gauche, accueillant les fidèles et leur rappelle que le sacrement du baptême est la porte d’entrée dans la vie chrétienne. Ce lieu est construit comme un véritable baptistère, selon une tradition antique : 2 marches permettent d’y descendre et d’en remonter, tel Jésus qui descendit au Jourdain pour être baptisé par son cousin Jean le Baptiste.

Dans le reste de l’église, l’ensemble des statues et décorations anciennes viennent de la précédente église :

Le regard est saisi par la grande croix au-dessus de l’autel. Cet élément fixe la concentration sur ce qui est essentiel pour les chrétiens, à savoir que Christ est mort et ressuscité pour sauver le monde ! La simplicité est de rigueur, rien n’encombre ni ne dérange la contemplation et la prière. L’autel au centre, l’ambon à gauche, et le lieu de présidence à droite, voilà les éléments importants pour toute célébration.

Sur le bas-côté gauche, la nef est élargie pour créer un espace de prière et de célébration plus intime. C’est là que l’on retrouve d’anciennes statues de la Vierge et de Joseph, placées à l’origine dans le grand chœur de l’église et très vite déplacées ici. Elles encadrent à présent le tabernacle où sont conservées les hosties consacrées, le Saint-Sacrement, Christ réellement présent dans le sacrement de la communion, repérable à la petite lumière rouge qui brille jour et nuit.

D’autres belles statues veillent sur ceux qui pénètrent ce sanctuaire :

Celle de Saint-Julien (à l’entrée du chœur à droite) fait partie des éléments de grande valeur tout comme la statue de Ste Anne assise, offrant l’éducation à la Vierge Marie, fixée au mur au-dessus de l’ambon (à gauche du chœur).

Les autres statues proviennent de la chapelle provisoire dédiée à Saint-Hubert, tout comme les anciennes stations du chemin de croix (il n’en reste que quelques-unes, le reste fut détruit).

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, à droite près de la porte du clocher

Saint François Xavier, patron des Missions, dans le baptistère

Saint Julien et saint Vincent au-dessus du sas d’entrée.

Enfin, le grand tableau, suspendu au-dessus de l’entrée sur la droite, est une copie anonyme d’un célèbre Christ à la colonne (Christ outragé lors de son procès) du peintre italien Guido Reni (XVIIè siècle).