Saint François d’Assise – Bellecroix

Il y aura bientôt des photos

La paroisse nait le 23 avril 1959, avec la nomination de l’abbé Alphonse MANGIN, vicaire résident sur la nouvelle paroisse et le nouveau quartier en construction. La paroisse dépendait en premier lieu de l’église Saint-Eucaire au centre-ville. Elle deviendra indépendante le 1er juin 1987.

Au début, le bâtiment est construit pour devenir une salle d’œuvre paroissiale (entendons par là aussi un cinéma paroissial pour le quartier), qui prend d’abord la fonction de chapelle dite « provisoire ». Depuis quelques années, les offices étaient célébrés dans la chapelle des Petites Sœurs des Pauvres, toute proche. On doit les plans et le dessin du gros-œuvre à l’architecte messin Robert OCHS. Une première messe y est célébrée la nuit de Noël 1959, au milieu d’un chantier immense, boueux, malaisé d’accès et salissant. Mgr Paul-Joseph SCHMITT, évêque de Metz, a béni l’église et consacré l’autel le 9 avril 1960, jour de la fête des Rameaux, devant une foule immense. Le bâtiment n’ayant au départ qu’une vocation d’église « provisoire » appelant la construction d’une grande église, ce qui ne se fit jamais. Par la suite, l’ensemble est appelé à devenir une église « définitive », suivant le développement du quartier et l’expansion de la paroisse progressivement.

Saint François d’Assise est alors choisi comme patron de l’église, car le bâtiment se présente comme une petite maison, simple et pauvre, de dimensions modestes, le tout entouré d’un grand parc de verdure, appelant à chanter la Création, comme l’antique cantique du « poverello » d’Assise.

Le chœur :

L’autel est en pierre de Jaumont, la pierre du pays messin. Il était, dans un premier temps, placé un peu plus en arrière vers le mur du fond, avant d’être avancé au moment de la réforme liturgique du Concile Vatican II.

Les éléments décoratifs du chœur sont en fer forgé : le « Saint François au chant d’oiseaux » à gauche, une parure de deux chandeliers à trois branches vient encadrer l’autel pour les solennités et le tabernacle – pour sa partie en ferronnerie -, sont les œuvres de Lucien FERRENBACH, de Sarrebourg (57). Le décor d’oiseaux et de feuillage autour du tabernacle, en bois de tilleul, est de la main de Claude MICHEL (Triaucourt, Seuil d’Argonne). Sur la porte, un pélican nourrissant ses petits, allégorie du Christ donnant sa vie pour le monde.

La croix est à l’origine du même FERRENBACH. Elle était longtemps fixée au mur au-dessus de l’autel. A l’occasion des 60 ans de l’église, en 2020, elle fut mise sur pied, rehaussée et remaniée par l’entreprise HUGON de Vallières, sur un dessin de l’abbé Loïc BONISOLI.

La nef :

Elle est ouverte intégralement sur son pan gauche afin d’offrir une contemplation de la nature et une vue sur le quartier. Sur le mur en face s’échelonnent les 14 stations du chemin de croix en bois, voulues par l’abbé MANGIN.

Les bancs actuels ont enrichi l’église, auparavant meublée de chaises en fer de récupération, et sont l’œuvre de l’entreprise HOUSSARD, dans la Manche, ainsi que les fauteuils et tabourets du chœur depuis 2006.

La statue de la Vierge est en bois de noyer, taillée par Albert SCHMITT de Vibersviller (Moselle) et offerte par la famille MAGINOT.

L’orgue :

Achevé et livré en 1994, il est l’œuvre du facteur d’orgues François DELHUMEAU (Entreprise à Babonneix en Creuse), de facture modeste, claire et élancée. Fermé par deux volets qui s’ouvrent pour les offices, comme une large invitation à chanter de tout cœur la louange de Dieu. Il est entièrement mécanique et compte 9 jeux sur 2 claviers et pédalier (un jeu de 16 pieds à la pédale fut ajouté en 2004). Le buffet est en chêne clair, dessiné dans un style italien, les claviers sont en cèdre rouge plaqués de buis pour les touches « blanches » et plaqués d’ébène pour les touches « noires ». Il est harmonisé et sonne volontairement au diapason des orgues italiens (en souvenir de Saint François d’Assise). Il fut bénit solennellement le 11 septembre 1994 par Mgr Pierre RAFFIN, évêque de Metz. On retrouve un « frère » de cet orgue, à l’église de Châtel-Saint-Germain, village proche de Metz.

Grand-Orgue:

Flûte 8′
Montre 4′
Nazard 2′ 2/3
Doublette 2′
Tierce 1′ 3/5
Mixture II rgs
Positif:

Bourdon 8′
Flûte 4′
Pédale:

Soubasse 16’

Les vitraux :

Le grand vitrail à droite dans le chœur représente saint François prêchant aux poissons, selon un épisode connu de sa vie. Le tout est dans un décor très arboré et resplendissant du soleil qui englobe toute la verrière. Il est l’œuvre de l’artiste mosellan André FORFERT qui réalisa ce vitrail et tout le côté droit (côté rue des Sinsignottes) en 1966. L’ensemble des vitraux de ce côté représente toute l’œuvre de la création : il faut repérer les différents feuillages, animaux, oiseaux et poissons, l’homme et la femme ainsi que les astres du ciel. Tout l’ensemble court le long de l’église jusqu’au fond.

En face, du côté gauche, ce sont des œuvres de l’artiste Yvonne MAURY, réalisés par les ateliers Jean SALMON de Woippy en 1989.

Depuis le fond, de gauche à droite on retrouve la vie et l’œuvre de Saint François d’Assise :

  1. La « germination » du projet de pauvreté de François en rencontrant un lépreux qu’il sert dans ses bras
  2. François répond à l’appel de Dieu en se dépossédant de ses vêtements, nu il est protégé par l’évêque d’Assise qui l’enveloppe dans sa chape
  3. François se fait maçon et ouvrier pour restaurer les églises abandonnées
  4. François en prière et son premier compagnon Messire Bernard endormi devant lui
  5. Ralliement de plusieurs prêtres aux œuvres de François
  6. François offrant un calice et un chandelier pour aider une veuve et ses enfants à se sortir de la misère
  7. De petites cabanes en bois où vivent les frères à proximité d’un monastère
  8. Les premiers frères paient leur « loyer » au monastère avec le fruit de leur pèche
  9. Claire demande à mener la vie des frères de Saint François ; elle devient la première femme de l’ordre religieux
  10. François, chantant la beauté de la création, entouré d’une multitude d’oiseaux
  11. François, de retour de voyage, est furieux de voir que les frères ont fabriqué une maison avec une toiture solide ; il monte sur le toit et arrache toutes les tuiles
  12. François donne des œufs, du pain, du fromage à des brigands.
  13. François, un soir d’orage, voit la Vierge lui présentant l’Enfant Jésus et entourée d’une nuée d’anges (c’est l’origine du pèlerinage à Notre-Dame des Anges)
  14. François sonne du cor à l’entrée de Jérusalem, marquant sa volonté d’évangéliser en terre étrangère
  15. Lors d’un sermon de François au milieu d’une foule, un loup s’invite et écoute paisiblement et docilement les paroles du saint
  16. Un soir, dans la neige, François fait semblant de jouer du violon avec deux bouts de bois : une musique divine s’élève au ciel
  17. François prie et ne ressent rien lorsqu’accidentellement le feu l’embrase
  18. Dans le ciel, une croix de feu avec des ailes marque François des stigmates de la passion
  19. L’hymne à la création
  20. François meurt paisiblement tandis que son âme s’élève vers le ciel telle un oiseau

Le portail extérieur :

Il est entièrement en fer forgé, des ateliers J.P. HUGON (de Metz-Vallières) et date de 2008, il fût inauguré le 4 mai de la même année.

Il évoque un souffle tel l’Esprit-Saint et les mouvements du monde, où seule demeure fixe et inébranlable la croix dressée sur le monde (Stat Crux, devise de l’Ordre religieux du Carmel).

Le clocher :

Il ne date que de 1998 ! Auparavant, la cloche était portée sur un beffroi en fer à l’arrière de l’église, dans le parc. Il fut décidé de construire une tour haute de 10 mètres (la croix seule fait 3m15 !) afin d’achever le bâtiment. Harmonieusement elle s’intègre au corps principal du bâtiment, œuvre de l’architecte Christophe MARIOTTI à Marly (57), érigée par l’entreprise CINOR de Brumath (67). La cloche, de la fonderie PACCARD à Annecy-le-Vieux (Haute Savoie) pèse 760 kilos et sonne un Fa dièse.

Mémoire de l’Abbé MANGIN et l’aquarelle de l’église :

Elle est l’œuvre de l’artiste mosellan Joseph MÉGLY, médaillé et grandement salué par les critiques artistiques. Elle représente une vue sur l’église, et fut offerte à l’abbé Alphonse MANGIN, fondateur de la paroisse, lors de sa messe de départ à la retraite le 1er octobre 2000. Il passa 41 années dans la paroisse et donna tant d’énergie et de temps à la construction du bâtiment, son embellissement, ainsi que le développement du quartier. Il décède le 1er octobre 2002, et le 4 du même mois jour de la fête de la Saint-François d’Assise, une foule impressionnante vient rendre un dernier hommage à son curé bâtisseur, qui repose à présent au Cimetière de l’Est, non loin d’ici à Queuleu. La plaque de marbre à l’entrée de l’église rappelle ces événements. 

Une paroisse vivante

Outre de grandes célébrations qui rassemblaient le quartier naissant, des milliers de baptêmes, de communions, de mariages, de confirmations et de funérailles ont été célébrés dans cette église. Tout comme l’engagement dans la vie religieuse de Sr. Jacob (septembre 1979) ou encore l’ordination de Léon DILLER, diacre permanent. Pendant de nombreuses années, la paroisse organisait de splendides kermesses et autres grandes activités qui permettait le rassemblement de tout le quartier.