Sainte Lucie – Vallières
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Vallières est un lieu très ancien que l’on peut faire remonter à l’époque romaine. Le nom de Vallières viendrait d’une vieille expression Vallis aria (« lieu de la vallée ») rappelant la voie qui sortait de Metz par la porte Mazelle, franchissant le ruisseau de la Seille et celui du Val pour aller vers Mayence (Allemagne). On retrouve d’anciens noms comme Wallerias, Valeriae ou Valier entre les XIè et XVIè siècles. Il est bon à savoir que Vallières souffrait régulièrement des invasions, des famines et des destructions, lors des sièges de la ville de Metz toute proche en ce temps-là ; le quartier est désormais absorbé dans la grande métropole. Toutefois, pendant des siècles, le village était réputé pour son très beau vignoble et le culte à Saint-Vincent y était fort populaire.
On trouve une trace de construction d’une église dans le village de Vallières aux alentours de l’an 1000. La paroisse fut d’abord administrée par l’abbaye bénédictine Saint-Vincent, grande église à Metz aujourd’hui malheureusement désacralisée. Puis la paroisse fut échue au Chapitre Cathédral au XIIè siècle.
La cure de Vallières ne fut indépendante et reçut son premier curé qu’en 1630, en la personne de l’abbé Claude GOUSSOT. L’ancienne église – dont il ne subsiste que l’ancien chœur, aujourd’hui la chapelle latérale – a été fortement remaniée et agrandie en 1759.
La nouvelle bâtisse, signée des architectes TELLIER et CATELOT, présente une architecture sobre et à la fois emprunte de légèreté, style des petites églises de campagne typiques du XVIIIè siècle.
La chapelle latérale, unique vestige
Cette chapelle est classée monument historique le 22 octobre 1991. C’est le seul vestige de l’ancienne église du XIè siècle, où on peut repérer que l’axe était perpendiculaire par rapport à la nef actuelle. Elle s’ouvre par une arcade gothique triomphante en tiers-point. Toute la chapelle est d’un style roman pur, bien que percée de baies vitrées gothiques. L’architecture en « cul de four » est remarquable à contempler de l’extérieur, à la base du clocher, où la couverture entièrement en pierres de la chapelle laisse imaginer le talent des bâtisseurs d’antan, et la valeur historique du monument.
Dans la niche, à l’entrée à gauche, fut découverte à une période récente, une fresque du XIIIè siècle, représentant naïvement un enfant entouré d’arbres fruitiers et de fleurs.
Au fond de la chapelle, à droite, un lavabo liturgique est daté de 1513 (servant à déverser les eaux usées après la messe dans les fondations du bâtiment).
Le clocher
Dans le style extérieur sobre, comme le reste du bâtiment, la tour domine le bâtiment avec deux étages supérieurs, ouverts par des baies géminées sur les 4 faces, le tout couronné par une flèche basse en ardoise.
A l’intérieur, 4 cloches rythment les journées du quartier de Vallières, appelant au réveil, à la pause méridienne, à la fin de journée, à louer Dieu, à pleurer les défunts et à se réjouir aux jours de fêtes.
Sainte Lucie
L’abbaye bénédictine Saint-Vincent de Metz était sous le double vocable de Vincent et Lucie, lieu de grands pèlerinages dans la ville de Metz. Les moines bénédictins offrirent à la paroisse une relique (un fragment du petit doigt droit) de Sainte Lucie en 1738, en souvenir de l’antique attachement de l’abbaye au village de Vallières. Après maintes aventures lors de la révolution française, la relique fut scellée dans un reliquaire d’argent par l’évêché en 1811 (la paroisse possédait également les reliques de Saint Etienne et Saint Sébastien, aujourd’hui disparues). Cette relique est toujours conservée à la paroisse et présentée aux jours de fêtes.
La nef
Elle fut très remaniée et décorée au XIXè siècle. Les boiseries du chœur, le maître-autel de bois et de stucs, ainsi que les autels latéraux sont les vestiges du mobilier XVIIIè siècle. A droite l’autel de la Vierge est orné d’une statue de bois, offerte par l’abbé FICHTER, curé de Vallières, et à droite une statue de Sainte-Lucie a été entièrement restaurée par Mme Natalia CINALLI de Montigny-lès-Metz, et fut bénie le 17 décembre 2017 lors de la fête patronale. Cette statue remplace une autre statue en bois de Sainte Lucie elle aussi offerte par l’abbé FICHTER, déposée sur le balcon de la tribune d’orgue.
Le maître-autel, en bois peint de tons beiges-gris et or, est incrusté de miroirs, ce qui est assez rare dans la région. L’antependium, la base centrale, représente de manière typique, une Vierge et l’Enfant Jésus. Les côtés ont été rallongés à une époque inconnue, afin d’y poser des anges porteurs de luminaires (aujourd’hui disparus) et le tabernacle est surmonté de la grande croix d’argent, là où était autrefois posée une niche ajourée à colonnades torsadées, conservée au grenier de l’église.
La chaire à prêcher n’a pas de grand intérêt architectural mais sa cuve représente les quatre évangélistes (Matthieu et l’homme, Marc et le lion, Luc et le bœuf, et Jean et l’aigle), et l’abat-voix est surmonté d’un globe et d’une croix. Le tout posté face à la grande croix, sur le mur d’en face, rappelant au prédicateur au nom de qui il devait annoncer la Bonne Nouvelle et exhorter ses fidèles.
Le Chemin de croix, commandé par le Conseil de Fabrique, a été livré entre Noël 1981 et Noël 1982, sculpté par Albert SCHMITT de Vibersviller (Moselle) remplace un ancien ensemble de 14 stations, de toiles peintes encadrées, fortement abimées.
Le nouveau mobilier : l’autel, l’ambon et le baptistère
L’ensemble provient de la chapelle de l’hôpital Notre-Dame de Bon-Secours, aujourd’hui détruit et qui trouvait place en face de l’église Sainte-Thérèse à Metz, dans le quartier gare. A partir de la grosse pierre d’autel de ladite chapelle, l’autel actuel et l’ambon ont été taillés et assemblés pour donner cet ensemble harmonieux, sur une idée et dessins de l’abbé Loïc BONISOLI. Tout ceci a été inauguré, béni et consacré solennellement le samedi 13 mai 2017 par Mgr Lagleize, évêque de Metz. Dans le pied droit de l’autel (côté du célébrant) ont été insérées les reliques de 6 saintes et saints : Lucie, patronne de l’église, Maria Goretti, jeune martyre du début XXè siècle, Augustin Schœffler, jeune missionnaire mosellan martyr au Viêt-Nam au XIXè siècle, ainsi que Firmin, Sigebaud et Angelram, tous trois évêques de Metz. La croix posée sur l’autel, de style carolingien, est de l’artiste-orfèvre Louis-Guillaume PIECHAUD (Charente), don du curé Loïc BONISOLI.
Le baptistère, dans la chapelle latérale, a été déplacé sans modification.
Les vitraux
En 1950, une pluie de grêle détruit une très grande partie de la vitrerie du XIXè siècle, sans grande importance artistique. Les dégâts sont refermés par de simples vitres blanches. En 1965, la paroisse envisage un programme iconographique pour les vitraux de l’église.
Dans le chœur, les verrières sont conçues de manière traditionnelle en verre et plomb.
A gauche la Résurrection, à droite la Pentecôte, œuvres de Louis-René PETIT, réalisées dans les ateliers Saint-Marc/Salmon de Woippy en 1966. Les vitraux de gauche et de droite à l’entrée du chœur sont non figuratifs.
Le même artiste a réalisé les vitraux non figuratifs de la chapelle, de manière traditionnelle (verre et plomb) et les autres vitraux de la nef en dalle de verre et ciment, dans les ateliers 54 à Nancy en 1978.
Au fond de la nef, derrière l’orgue, on retrouve le buisson Ardent, comme un appel pour le pèlerin à lever les yeux vers la montagne, comme le fit Moïse qui voyait bruler ce buisson sans se consumer.
Il faut lire le reste des vitraux en commençant par l’avant droite et tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, ainsi se découvre les sept jours de la Création vus par l’artiste :
à droite, en partant de l’avant chœur :
1 – Dieu crée la lumière, et sépare le jour et la nuit
2 – Puis Dieu fit le firmament, en séparant les eaux d’en haut et d’en bas
3 – Dieu, par sa parole, fit les terres et les eaux, ainsi que les plantes (dans cette verrière on y repère la signature de l’artiste)
A gauche, en partant du fond :
4 – Dieu crée les astres, le soleil, la lune et les étoiles
5 – Puis il fit les poissons, les oiseaux et les bêtes
6 – Pour finir, Dieu créa l’Homme (on le repère, nonchalant, posé dans la nature)
7 – Le septième jour, Dieu vit que c’était très bon (comme il est écrit au Livre de la Genèse chapitre 1) et il se reposa. L’artiste nous montre alors la Victoire de l’Agneau Pascal. Ce thème est tiré du livre de l’Apocalypse (qui signifie « Révélation ») on retrouve l’agneau posé sur le livre aux sept sceaux, et tout autour de la fenêtre les 12 portes de la Jérusalem apparaissant dans le ciel)
Les couleurs, dans chacun de ces vitraux, ont été réfléchies et choisies méticuleusement par l’artiste car chaque fenêtre suit la course du soleil au long d’une journée. Ainsi chacune s’éclaire une à une en fonction des rayons solaires.
L’orgue
Il fut construit en 1912, par le facteur d’orgues Staudt de Puttelange (Moselle), en remplacement d’un vieil instrument devenu obsolète. Il fut restauré en 1983 par Haerpfer-Erman de Boulay (Moselle), qui installa une nouvelle console électrique. La composition de l’orgue est restée quasiment la même depuis sa construction, sauf la mutation du jeu de Flûte du clavier de Grand Orgue en jeu de Doublette.
| Grand-Orgue: Bourdon 16′ Montre 8′ Bourdon 8′ Gambe 8′ Prestant 4′ Doublette 2′ | Récit expressif: Montre-violon 8′ Flûte bouchée 8′ Salicional 8′ Voix céleste 8′ Flûte à chem. 4′ Octavin 2′ Trompette 8′ | Pédale: Soubasse 16′ Flûte 8′ Violoncelle 8′ |