La fête et le souvenir : un même chemin vers la Résurrection
La fête et le souvenir : un même chemin vers la Résurrection
Homélie pour la fête patronale de Vantoux
Église Sainte-Lucie – Vallières
1er septembre 2026

Frères et sœurs,
Il y a, dans toute fête patronale, quelque chose de spirituel. Nous sommes rassemblés pour faire mémoire d’un témoin de l’Évangile et, à travers lui, tourner notre regard vers Celui auquel toute sainteté conduit : Jésus Christ.
Aujourd’hui, notre communauté de Vantoux célèbre saint Barthélemy. Et, dans cette célébration, nous faisons mémoire de nos défunts, de celles et ceux qui ont marqué notre histoire et dont le souvenir demeure vivant dans nos cœurs.
Pourtant, dans la foi, ces deux réalités ne s’opposent pas. Elles se rejoignent dans une même espérance : l’espérance de la Résurrection.
Jésus nous dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11,25). Cette parole donne son sens à notre rassemblement.
Nous célébrons saint Barthélemy parce qu’un jour, comme les autres Apôtres, il a entendu l’appel du Christ. Nous connaissons peu de choses de sa vie, mais nous savons l’essentiel : il a rencontré le Christ, il l’a suivi et il est devenu son témoin.
C’est là que se trouve le cœur de notre fête patronale.
Saint Barthélemy nous rappelle que la foi chrétienne n’est pas d’abord une idée à défendre, mais une rencontre à vivre. Avant d’être un enseignement, elle est un appel ; avant d’être une mission, elle est une grâce reçue. Il rejoint chacun dans son histoire et lui dit : « Viens, suis-moi. »
Nous honorons les saints parce qu’ils nous conduisent vers Dieu. Leur vie montre qu’un cœur humain peut devenir une demeure pour Dieu. Saint Barthélemy nous rappelle que la sainteté commence lorsque nous acceptons de laisser le Christ entrer dans notre vie et transformer notre manière de regarder, de croire, d’aimer et de servir.
Nous faisons aussi mémoire de nos défunts. Certains demeurent présents dans notre mémoire. Mais l’Église ne se contente pas de se souvenir de ceux qui sont morts : elle les confie au Dieu vivant. Nous les remettons entre les mains du Père, dans l’attente de la Résurrection. La mort ne peut détruire la communion que Dieu établit avec ceux qui lui appartiennent.
Le nom de saint Barthélemy nous conduit également vers une autre mémoire, plus douloureuse. Le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, des violences meurtrières frappèrent les protestants à Paris, avant de s’étendre à plusieurs villes de France, dans le contexte des guerres de Religion.
Cette page appartient à notre histoire. L’Évangile nous invite à la regarder autrement : nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons choisir ce que nous voulons en faire.
La mémoire chrétienne ne nourrit pas la haine : elle ouvre un chemin vers la vérité, la conversion et la réconciliation.
En célébrant notre saint patron, demandons au Seigneur de guérir les mémoires blessées, de nous préserver de toute violence commise au nom de Dieu et de nous apprendre à faire de nos différences non pas des murs, mais des occasions de rencontre.
La paix chrétienne n’est pas seulement l’absence de conflit. Elle commence dans le cœur de celui qui accepte de regarder l’autre comme un frère. Elle suppose l’écoute et le dialogue.
Cette prière prend une résonance particulière à l’approche de la venue du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, et de sa présence à Metz le 28 septembre. Pour notre diocèse, cette visite peut être reçue comme un signe d’espérance : l’Église est appelée à annoncer le Christ en ouvrant des chemins de dialogue, de fraternité et de paix.
Frères et sœurs,
En ce jour de fête, demandons à saint Barthélemy de nous apprendre à reconnaître le Christ lorsqu’il passe dans nos vies. Confions-lui notre communauté, nos familles et ceux qui nous ont précédés.
Demandons au Seigneur que notre mémoire devienne prière, que notre prière devienne espérance et que notre espérance nous conduise vers la lumière dont le Christ est la source.
Aujourd’hui, nous célébrons un saint qui a témoigné du Christ ; nous faisons mémoire de ceux qui nous ont précédés ; et nous regardons ensemble vers la même promesse : la vie qui ne finit pas.
Car, pour celui qui croit, la mort n’est jamais le dernier mot.
La dernière parole appartient au Ressuscité.
Amen.