Homélie du 13e dimanche du Temps ordinaire

La paroisse a eu la joie d’accueillir le diacre Jean-Luc Robin lors de la messe du dimanche 28 juin, au cours de laquelle il a prononcé cette homélie.

Chers amis


Pour bien comprendre l’évangile de ce dimanche, ainsi que le message délivré par
Jésus, il nous faut le remettre dans son contexte. Jésus vient d’appeler ses 12
Apôtres et il les envoie en mission. C’était l’évangile d’il y a quinze jour. Il leur donne
des conseils sur la manière d’annoncer la Bonne Nouvelle. Il les met en garde aussi
sur les oppositions et les persécutions qu’ils vont rencontrer. « N’ayez pas peur,
gardez confiance en Dieu ! » Jésus les prévient que son message va créer des
divisions et des conflits jusque dans les familles. C’était l’évangile de dimanche
dernier.


Et que dire de ces dernières consignes de Jésus entendues ce matin : « Celui qui
aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui aime son
fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix et
ne me suit pas n’est pas digne de moi. » Pour Jésus, l’amour de Dieu est premier, et
c’est lui qui nous permet d’aimer nos frères.


Que ce soit bien clair, Jésus ne nous dit pas qu’il ne faut pas aimer notre père, notre
mère, nos enfants ou même notre propre vie. Comme pour ses Apôtres, Jésus nous
invite à faire des choix, si nous voulons parvenir à aimer comme lui nous aime, ou du
moins à nous en approcher. Suivre le Christ pour aimer comme lui ne pourra se faire
qu’au prix de certains renoncements, et même jusqu’à porter notre croix. Jésus nous
appelle à aimer comme lui, sans mesure, sans limites ! Soyez parfait comme votre
Père du ciel est parfait, ajoutait-il. Vaste chantier à entreprendre pour ses disciples
que nous sommes. Mais n’ayons pas peur, nous ne sommes pas seuls.


Jésus nous rejoint là où nous en sommes, et il nous invite à l’accueillir, à l’image de
la femme de Sunam qui avait accueilli le prophète Elisée dans la première lecture de
ce jour. Et Dieu lui donne une récompense merveilleuse : un fils dans sa vieillesse.
Oui, l’amour de Dieu fait des merveilles. Par le baptême, il nous fait passer de la
mort à la vie, des ténèbres à la lumière, il nous ouvre un avenir, il nous engage sur
un chemin de vie. Alors, allons sur ce chemin et prenons la route avec Jésus avec
joie.


Il n’est jamais trop tard pour emprunter ce chemin, ou pour repartir avec courage.
Ce chemin avec Jésus n’apporte ni pouvoir ni argent, mais il donne un sens à notre
vie, il fait de nous des amis de Jésus, des témoins de son amour. Et si nous le lui
demandons, Jésus nous donne la force nécessaire pour être son visage et son cœur
pour nos frères et sœurs. Nous serons alors entraînés à faire de notre vie un don
pour les autres, peut-être même à la perdre, aux yeux du monde, à la manière du
Christ lui-même. Mais soyons sans crainte, avec Jésus tout est possible.

Chers amis, en participant à cette Eucharistie, vous avez choisi de donner de vous-
même, de votre temps. Vous avez répondu à un appel qui vient de loin, qui vient

d’autres croyants qui ont entendu la Parole de Dieu et qui ont été des témoins du
Christ dans votre vie. Aujourd’hui, vous êtes visage du Christ les uns pour les autres,
vous êtes ses disciples, nous sommes ses disciples.

Tout à l’heure, au moment de la communion, nous pourrons accueillir le Seigneur
dans notre coeur. Il nous donnera la nourriture nécessaire pour la route et pour la
mission de l’annonce de la Bonne nouvelle. Et il nous enverra vers nos frères et
sœurs qui ne sont pas là, vers ceux qui souffrent, dans leur cœur ou dans leur corps,
en nous rappelant cette parole : « Celui qui donnera à boire, même un simple verre
d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne
perdra pas sa récompense ». Amen.

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